Twilight – Chapitre 1: Fascination

twilight1

Réalisé par Catherine Hardwicke
Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Billy Burke

Bande Annonce


Synopsis

Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse dans l'Etat de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée, elle est terriblement intriguée par le comportement d'une étrange fratrie, deux filles et trois garçons. Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward Cullen. Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens : lorsque Isabella comprend que Edward est un vampire, il est déjà trop tard. (Source: Allocine).


Critique

Alors que dire sur ce Twilight. Le film qui selon certains, détrônera le petit Harry (Potter pour ceux qui suivent pas) enfin... selon la campagne (démesurée) marketing. J'étais assez dubitatif au début et la vision du film n'a fait que conforter mon opinion. Désolé les groupies... je vais être méchant (enfin plutôt réaliste et franc).

Alors en vrac, que peut-on reprocher à ce film (et implicitement au livre... que je n'ai pas lu, je l'avoue, mais sachant que le film est adapté du livre, quelques-unes de mes critiques touchent les deux); déjà, le fait d'être trop formaté, trop policé, trop plat (tout le monde y est trop parfait... même les méchants !);  tout est fait pour plaire au public adolescent, que ce soit dans les thèmes choisis (le vampirisme très à la mode), les acteurs (le beau et la belle gosse), la musique (un peu de Muse, du Linkin Park et qui fait très film d'ados (genre American Pie avec du pop-rock sirupeux... impression encore plus marquée par les scènes qui se passent au lycée); on hésite d'ailleurs entre hommage involontaire et assumé ou formatage qui répondrait à certains codes tant le mimétisme avec les films du genre est respecté). Mais aussi la campagne marketing déplacée (quand comprendra-t-on que trop de marketing tue le marketing), en France on entend parler du film partout, qui viendrait d'un livre qui a connu un immense succès (mais que quasi personne ne connaît dans nos contrées... normal, le livre a essentiellement été vendu aux USA), on nous promet un film avec une histoire qui renverra aux oubliettes Roméo et Juliette (prétention quand tu nous tiens...). Ce n'est pas tout, critiquons aussi les effets spéciaux très cheap (vu le budget, c'est un scandale... on se croirait dans une série de seconde zone), un abus des ralentis, un film... trop court (car malgré ses deux heures, l'histoire n'est pas assez développée), c'est d'ailleurs un des points qui m'a le plus gêné: le film aurait plutôt dû être une série de plusieurs épisodes pour réellement pouvoir être construit, tout se passe trop vite et certains moments mériteraient vraiment d'être approfondis. Ici, ça confine souvent au ridicule avec par exemple Bella qui rencontre Edward et tombe éperdument amoureuse de lui au bout d'une semaine (sans même lui avoir parlé... si ce n'est 2/3 mots) et est prête à lui confier sa vie et jure de l'aimer toute son existence durant (excusez du peu mais faut pas abuser, les ados ne sont pas aussi extrêmes et surtout, aussi rapidement... ça n'a aucun sens).

Ensuite, il y a les gros manques de cohérence, entre la première scène dans laquelle Edward apparaît où il est maquillé comme un drag queen (faut vraiment que les réalisateurs arrête de prendre le chanteur de Tokyo Hotel comme référence) et qui rend l'acteur complètement stupide... mais magie magie, ce même maquillage n'est plus présent après (mais que s'est il passé... Ed' n'avait plus de sous pour s'acheter tout son fard?!?);  il y a aussi (ce n'est pas la seule) une grosse incohérence un peu avant la fin (par soucis de ne pas faire de spoiler, je ne la dévoilerai pas ici). Malheureusement, si on ajoute à cela le jeu très limite des deux protagonistes (manque flagrant de justesse, de crédibilité... manque d'expérience surtout) et surtout une dénaturation assez virulente du thème du vampirisme (c'est là qu'on se dit que le vampirisme, c'était purement un choix marketing et que l'auteur du livre a juste fait ça pour s'attirer des "d'jeunz") avec une représentation du vampire purement "Ricienne" et très très formatée (tous les clichés y passent: le beau gosse, il est tourmenté et triste, il écoute du classique, il pose... on se serait presque attendu à ce que Ed et sa famille vivent dans un manoir "gothique" et/ou que Bella ne s'habille qu'en robe victorienne). Cependant ils les cassent en même temps (mais vraiment de la mauvaise façon...) en n'utilisant pas les "bases". Twilight est à la romance de vampire ce que Underworld est au film d'action de vampire (et ceci n'est vraiment pas un compliment de ma part... dans le même genre, on aurait pu aussi citer La Reine des Damnés). De plus, il n'y a pas de véritable fin, elle est "coupée" en plein milieu: c'est une technique bien connue pour faire revenir le spectateur voir la suite... sauf que d'habitude, on voit ça dans les séries et on regarde le prochain épisode quelques minutes après ou une semaine... pas dans un an (au bas mot, le temps que la suite se fasse). Et enfin, dernier point qui soulève une certaine polémique et qui a son importance: on est légitimement en droit de se demander si le film, avec un vampire qui résiste à son désir, qui se discipline à résister à Bella... n'est pas une métaphore pour désigner l'abstinence sexuelle. Cela devient d'autant plus vrai quand on sait à quel point cette idée est en vogue aux USA et surtout que l'auteur est de confession mormone (elle avoue quand même elle-même qu'elle a distillé inconsciemment (mais bien sur... et la marmotte alors!!?) ses croyances fondamentales dans le livre)!

Pour les bons points (sisi il y en a quand même!); c'est d'abord l'image et l'ambiance qui ont toutes les deux étaient très travaillées et qui donnent un vrai plus au film. C'est aussi les moments drôles (car le film en comporte pas mal!), ils sont loin d'être involontaires et sont clairement réussis. Enfin, c'est la passion dégagée par LA scène dans la chambre (seul moment où les deux acteurs s'en sortent avec brio) et on ressent clairement l'attirance entre les deux personnages, c'est frappant... sur ce point un très grand bravo (c'est à mon sens, LE bon point du film). L'ambiance est électrique, érotique même, et on ressent bien toute la frustration d'un Edward pour sa dulcinée et à quel point c'est dur de ne seulement que l'embrasser. Un grand moment de cinéma!


En conclusion, on peut regretter la faute de parcours de Catherine Hardwicke (la réalisatrice) qui avait pourtant réussi deux films d'ados (le très bon Thirteen et Les Seigneurs de Dogtown) mais il est clair, que si Twilight est également un pur film d'ados, cela reste du fantastique et personne ne s'improvise réalisateur du genre comme cela. Que penser alors de ce film... si on le juge comme un vrai film, ça devient clairement mauvais. Si on le considère comme une production pour ados, on pourra éventuellement être pris d'une certaine indulgence à son égard qui le fait devenir moyen. Clairement, on ne s'ennuie pas devant, c'est divertissant mais tous ses défauts rédhibitoires énervent (ainsi que sa mièvrerie à vous rendre malade) et si vous êtes un spectateur un tant soit peu exigeant, cela passera difficilement mais si vous êtes une ado de 13/14 ans en pleine chaleur émotionnelle, cela vous plaira sûrement. Pour la suite, cela ne semble guère optimiste (mais ne soyons pas des oiseaux de mauvais augure): la réalisatrice s'étant retirée du projet (est-ce un aveu?) et a été remplacé, au pied levé, par Chris Weitz qui a notamment officié sur American Pie 1,2 et 3 (le côté film d'ado risque de s'en trouver encore plus présent) et sur un pseudo film épique (A la croisée des mondes). L'avenir est bien sombre pour Twilight....

11/20.

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